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L’Université Libanaise en chiffres

Par Localiban | - mis à jour :

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L’Université Libanaise a fait l’objet de vifs débats politiques, éducatifs et médiatiques en 2013 et 2014. Elle a refait la une en juillet 2014, au moment de la nomination par le gouvernement des doyens de facultés et la titularisation des professeurs, selon des quotas « politico-confessionnels », au mépris du mérite et des besoins. Ces polémiques risquent de ternir sa réputation et compromettre son rôle « d’Enseignement Public ».

Création et évolution : 19 facultés et 60 branches

L’Université Libanaise, seule institution publique d’enseignement supérieur au Liban, a été fondée en 1951. À l’origine, elle se composait de trois universités et un institut : La Faculté des Lettres et Sciences Humaines, la Faculté de Droit et de Sciences Politiques, la Faculté des Sciences et L’institut des Sciences Sociales. Quelques années plus tard, elle englobait dix-neuf facultés et instituts, mais c’est à partir du déclenchement de la guerre civile (1975), qu’elle a développé ses ramifications dans tous les gouvernorats (mohafazah) libanais (une soixantaine en 2015).

Nombre d’étudiants en 2014 : 69 609

La proportion d’étudiants inscrits à l’Université Libanaise n’a cessé de croître durant plusieurs décennies jusqu’en 2000. Elle représentait certaines années près de 60 % des étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur au Liban. C’est à partir de 2001, qu’elle a commencé à connaître une diminution significative, lorsque de nouvelles universités privées ont émergé. (cf. Tableau 1).

Une majorité d’étudiants (38 704), sont inscrits dans les facultés théoriques, dont 21 039 à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, soit près de 28,5 % de l’ensemble la communauté étudiante de l’Université Libanaise.

Évolution de la population étudiante de l’Université Libanaise - Tableau 1
Année Etudiants inscrits à l’UL Etudiants dans l’enseignement supérieur % d’étudiants inscrits à l’UL
1991-1992 38208 85495 44.7
1992-1993 39926 88689 45
1993-1994 36503 74810 48.8
1998-1999 59727 101440 58.9
1999-2000 62602 103869 60.2
2002-2003 65530 123371 53.1
2004-2005 70065 141479 49.5
2006-2007 72961 160364 45.5
2009-2010 72813 180850 40.2
2010-2011 72507 192138 37.7
2011-2012 73698 192522 38.3
2013-2014 69609 193003 36

Sources : The Monthly, Information International SAL Issue 146 - Statistical bulletin issued by the Educational Center for Research and Development in the respective years.

Diplômés de l’enseignement supérieur en 2011 : 33 000

Lors de l’année universitaire 1991-1992, près de 30 % des diplômés de l’enseignement supérieur étaient issus de l’Université Libanaise, alors qu’en 2010-2011 ils représentaient 38 % des diplômés Libanais (cf. Tableau 2). 78,5 % d’entre eux étaient inscrits dans les facultés théoriques et littéraires (2010-2011).

Évolution du nombre de diplômés de l’UL par rapport à ceux de l’enseignement supérieur - Tableau 2
Année Diplômés de l’UL Diplômés dans l’enseignement supérieur au Liban  % de diplômés de l’UL
1991-1992 2786 9062 30.7
1992-1993 3187 9758 32.7
1997-1998 4262 11298 37.7
2001-2002 6998 15686 44.6
2001-2002 8390 18940 44.3
2004-2005 10569 25607 41.3
2006-2007 8886 26622 33.3
2008-2009 10498 29747 35.3
2009-2010 10126 29804 33.9
2010-2011 12635 32603 38.7

Sources : The Monthly, Information International SAL Issue 146 - Statistical bulletin issued by the Educational Center for Research and Development in the respective years.

Membres du corps professoral et personnel administratif : 8 158

Avec la hausse du nombre d’étudiants inscrits et la création de nouvelles branches, il est logique de constater une amplification des effectifs administratifs. Mais proportionnellement, l’augmentation du nombre de professeurs a été plus importante, que celle des étudiants de 1992 à 2012 (cf. Tableau 1 et 3).

Évolution corps professoral et des effectifs administratifs de l’UL - Table 3
Année Membres de la faculté Effectifs administratifs Total
1991-1992 2394 1695 4089
1992-1993 2689 1938 4627
1998-1999 3621 1984 5605
2001-2002 3876 1858 5734
2004-2005 4383 1725 6108
2007-2008 5256 1840 7096
2010-2011 6035 1945 7980
2011-2012 6135 2023 8158

Sources : The Monthly, Information International SAL Issue 146 - Statistical bulletin issued by the Educational Center for Research and Development in the respective years.

Emplois à temps plein : 1 213 professeurs

L’emploi de professeurs à temps plein est l’un des sujets qui a fait l’objet de discussions animées. Conformément à la loi 6/70, les professeurs de l’UL peuvent être sous contrat à temps plein ou sous contrat à base horaire, en fonction de la nécessité et de leurs échelons. En théorie, s’il y a un besoin en personnel ces derniers peuvent obtenir un emploi permanent dès présentation de leur demande. Sinon, ils continuent d’enseigner avec un contrat à base horaire jusqu’à ce qu’ils obtiennent leur statut permanent (après deux ans).

Pourtant, face à l’insuffisance des demandes et un accroissement des candidatures, l’administration de l’UL a employé un grand nombre de professeurs via des contrats à base horaire, étant donné que la compétence de titulariser des professeurs lui a été retirée et mise sous l’autorité du gouvernement. Les négociations politiques et confessionnelles au sein du gouvernement, pèsent donc de tous leurs poids sur ces titularisations.

Avant 2014, le cas le plus récent de titularisation à plein-temps remontait à mai 2008, lorsqu’après une longue attente, 685 professeurs de l’UL avaient obtenu leur statut permanent.

Les efforts, qui ont été entrepris pour réaliser une seconde vague de titularisation ont abouti le 24 juillet 2014 après trois ans de tractations. Au départ il y avait 630 candidats, mais suite à des querelles politiques au sein du gouvernement, il a été décidé de titulariser 1 213 professeurs pour obtenir l’approbation de tous les ministres et limiter leurs objections. La présidence de l’université, qui n’avait présenté que 916 candidats, n’a pas eu son mot à dire sur ces 300 titularisations supplémentaires.

Ces titularisations de 590 professeurs chrétiens et 623 musulmans ont pris en considération l’équilibre confessionnel. Ce qui n’avait pas été le cas en 2008, lorsque 293 professeurs chrétiens et 392 musulmans avaient été titularisés.

Le statu quo à l’Université Libanaise :

  • 1 222 professeurs permanents.
  • 3 500 professeurs sous contrat à base horaire, dont 1 341 sont admissibles au temps plein.

La dernière titularisation n’a pas influé sur le nombre de professeurs en contrat à base horaire. Elle permet théoriquement d’assurer 303 000 heures d’enseignement annuel, sachant que chaque professeur à temps plein enseigne 250 heures par an. Il reste donc un besoin à combler de 290 000 heures, dispensées par les professeurs non titulaires.

Coût : LBP 310 milliards

Dans un contexte de grève illimitée, annoncée par des professeurs de l’UL fin 2011 et début 2012, les salaires ont été augmentés de 66 à 78 %, selon les échelons, comme indiqué dans le Tableau 4.

Évolution des salaires des professeurs (Montants en K LBP) - Tableau 4
Échelons Salaire en 1998 Salaire en 1999 Salaire en 2008 Salaire en 2012
1 686 1,875 2,075 3,700
2 719 2,010 2,217 3,925
3 752 2,145 2,359 4,150
4 785 2,280 2,501 4,375
10 983 3,090 3,353 5,725
11 1,016 3,225 3,495 5,960
12 1,049 3,360 3,637 6,175
13 1,082 3,495 3,799 6,400
19 1,280 4,305 4,631 7,750
20 1,313 4,440 4,773 7,975
21 1,346 4,575 4,915 8,200
22 1,379 4,710 5,057 8,425

Sources : The Monthly, Information International SAL Issue 146 - Laws raising the salaries of LU professors.

Les fonds alloués à l’Université Libanaise en 2012 s’élevaient à 238 milliards de Livres Libanaises (LBP) comme en 2010, alors qu’en 2007 ils se chiffraient à 171 milliards de LL.

Les coûts de l’UL pourraient atteindre les 310 milliards de LL suite à cette augmentation des effectifs de professeurs titulaires. Ainsi, le coût annuel par élève pourrait avoisiner les 4 500 000 de LL.

Quelques pistes ont été évoquées pour résorber ces coûts :

  • L’augmentation des heures d’enseignement annuelles des professeurs à temps plein de 250 à 300.
  • La diminution des contrats sur base horaire, sauf en cas de nécessité, selon les échelons et l’expérience.
  • La fermeture des petites branches de l’UL, qui ne permettent pas d’accueillir plus de 200 à 300 étudiants.
  • Repenser certaines compensations, en particulier celles liées aux examens.

Quelques chiffres de 1992 à 2012 :

  • Le nombre d’étudiants inscrits à l’UL est passé de 38 208 à 69 609, alors que le pourcentage d’inscrits à l’UL, relativement à l’ensemble des étudiants inscrits au Liban, a lui diminué de 44,7 % à 36 %.
  • Le nombre de diplômés au Liban, issus de l’UL, a augmenté sur cette même période passant de 30,7 % à 38,7 %.

Sources : Adaptation en français, de l’article paru en langue arabe dans The Monthly (n°131), publié par Information International SAL