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Batroun sur le point d’avoir sa zone économique spéciale

Par L’Orient-Le Jour - lorientlejour.com | Bachir El-Khoury | - mis à jour :

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Une mouture finale du projet de loi n°10/10 créant une zone économique spéciale dans la région de Batroun devrait être soumise aux députés en séance plénière, selon la Ligue maronite.

La zone économique du Batroun est prévue sur un terrain de 200 000 m2 appartenant à l’Église maronite. Photo L’Orient-Le Jour

Le projet de création d’une zone économique spéciale (ZES) dans la région de Batroun sera présenté début mars au Parlement.

Discuté jeudi en commissions mixtes, après un premier round de débats il y a deux semaines, le projet (n°10/10) a été adopté ce lundi par une commission parlementaire restreinte formée à l’issue des dernières discussions. Celle-ci « a révisé certains points, liés, entre autres, au respect des normes environnementales ainsi qu’à la représentation des autorités locales au sein du conseil d’administration de la zone », précise Laurent Aoun, membre de la Ligue maronite, qui parraine le projet. « La mouture finale sera ensuite soumise dans un délai de dix jours à deux semaines aux commissions mixtes avant d’être présentée à l’assemblée générale », ajoute-t-il.

Selon la version initiale du projet, les membres du conseil d’administration sont exclusivement désignés par le Conseil des ministres, qui exerce un pouvoir de tutelle sur la zone. Le chef du comité économique au sein de la Ligue maronite se dit confiant. « Tous les blocs parlementaires que nous avons rencontrés se sont montrés positifs (...). Le projet devrait devenir une loi dans les prochains jours », dit-il.

La ZES de la région de Batroun est le second projet de ce genre au Liban, après le vote en 2008 d’une loi pour la création d’une zone similaire à Tripoli.
Prévue sur un terrain de 200 000 m2 appartenant à l’Église maronite sur l’autoroute reliant Batroun à Tannourine, la zone accueillera les industries spécialisées dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication (Tic). Celles-ci pourront bénéficier d’une infrastructure moderne et efficace, mais aussi d’exonérations fiscales et douanières et de facilités dans les démarches administratives, confiées à une autorité indépendante.

« Le projet vise à créer un environnement propice à l’innovation, à l’investissement et à la création d’emplois, et à promouvoir, en parallèle, la décentralisation administrative », souligne Laurent Aoun. « Le financement sera assuré par un seul ou plusieurs opérateurs qui investiront dans l’infrastructure de base, avant que les sociétés n’installent leur propre enseigne », dit-il, sans plus de précision.

Le Liban à la traîne
Contrairement à de nombreux pays, le Liban ne dispose toujours pas de zones économiques. Le concept n’est pas nouveau puisque la première du genre a été créée à Gibraltar en 1704, suivie de celle de Singapour en 1819. Ces structures constituent de réels leviers de croissance économique. L’Irlande, dont l’expérience en la matière date de 1959, en a largement profité, à l’instar d’autres pays d’Amérique latine ou d’Asie du Sud-Est.

Les ZES les plus célèbres ont été créées en Chine sous le gouvernement de Deng Xiaoping au début des années 1980. Celle de Shenzhen, qui n’était à l’origine qu’un simple village, est devenue en une vingtaine d’années une ville de plus de 10 millions d’habitants. En 2007, la Banque mondiale estimait à 3 000 les ZES ou projets de ZES réparties dans 120 pays.