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Projet de pôle industriel pour relancer l’activité à Baalbek

Par L’Orient-Le Jour - lorientlejour.com | Nejiba BELKADI | - mis à jour :

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Un plan de construction d’une zone industrielle à Baalbek est en cours d’examen par le ministère de l’Industrie.

La ville de Baalbeck pourrait bientôt accueillir une zone industrielle pour relancer l'économie locale. Photo ReutersLa ville de Baalbeck pourrait bientôt accueillir une zone industrielle pour relancer l’économie locale. Photo Reuters

Un plan de construction d’une zone industrielle à Baalbek est en cours d’examen par le ministère de l’Industrie. Envisagé dès les années 1980, il devrait permettre à la ville antique de se relever économiquement et de ne plus dépendre d’une fréquentation touristique ébranlée par la crise syrienne.

Après plus de trente ans d’atermoiements, le projet de construction d’une zone industrielle aux alentours de la municipalité de Baalbek pourrait finalement commencer à se concrétiser. Le ministère de l’Industrie a récemment lancé une étude de faisabilité du plan. Si elle s’avère concluante, la municipalité assure qu’elle offrira en location une parcelle de 500 000 m² aux industriels qui voudront s’installer dans cette zone. « Les habitants ont complètement délaissé cet espace, s’attendant à voir s’ériger le complexe industriel dont ils entendaient parler depuis les années 1980 mais qui n’a jamais pu dépasser le stade de l’ébauche faute de financements concrets », explique à L’Orient-Le Jour le président de la municipalité de Baalbek, Hamad Hassan.

« Bien que difficile à chiffrer à ce stade, l’investissement relatif à la création du site devrait être compris entre 7 et 10 millions de dollars. Les sources de financement n’ont en revanche pas encore été examinées », avance une source au ministère de l’Industrie. Hamad Hassan indique de son côté qu’il s’agirait « d’une collecte de dons auprès de l’Union européenne et de la coopération italienne par les autorités gouvernementales et le Conseil du développement et de la reconstruction. Ceux-ci s’occuperont par la suite de l’allocation de ces sommes au zonage du site industriel ».

Réduire les nuisances
La première ambition du projet est de créer une zone suffisamment compétitive au niveau national – en matière de frais de location notamment – afin d’attirer des investissements générateurs de croissance économique et de création d’emplois locaux. « Nous avons déjà lancé la construction de routes permettant d’accéder au parc industriel. Mais notre objectif est d’aller au bout du processus d’équipement du site afin d’inciter les industries à s’y implanter, quel que soit leur secteur d’activité : agroalimentaire, métallurgique, textile, automobile, fabrication de matériaux de construction, etc. », explique Hamad Hassan.

Le regroupement au sein de l’espace industriel des fabriques de taille moyenne dispersées alentour doit aussi permettre de réduire les nuisances sonores et environnementales dont se plaignent régulièrement les habitants. « Ces petites installations industrielles, en particulier les garages de réparation automobile, les installations de charpenterie et les usines métallurgiques ne peuvent continuer à perturber le quotidien des habitants et doivent par conséquent déplacer leurs locaux vers le site central », explique la source du ministère de l’Industrie. En sus de la réorganisation géographique des fabriques déjà en place à Baalbek, il s’agira de rationaliser le quadrillage du futur site en fonction du type d’activité des usines qui s’y établiront. La source précitée affirme que l’emplacement des futures installations sera ainsi « conditionné par le niveau de pollution émise, afin de préserver l’environnement pour la population exposée ». Les installations industrielles potentiellement polluantes – les industries lourdes – seraient ainsi situées dans le centre de la zone, tandis que celles qui produisent le moins de déchets (industries agroalimentaires, usines de fabrication de médicaments, de vêtements, etc.) s’établiraient à la périphérie. Toujours dans l’optique de protéger l’environnement, le projet prévoit également la mise en place de centres de traitement de déchets et d’unités de valorisation énergétique permettant de générer de la chaleur et de l’électricité à partir des effluents.

Enfin, le projet doit également permettre de répondre au déclin touristique local. D’une part, en offrant de nouveaux débouchés aux habitants qui exerçaient dans ce secteur avant les débuts de la crise syrienne. D’autre part, en contribuant à la réactivation du potentiel touristique de Baalbek, à travers la relocalisation des usines polluantes se trouvant sur les confins des zones archéologiques.